Tribune Légion Etrangère

Publié le 08/08/2020 dans

Nos armées

Le 25 juillet dernier, deux légionnaires de la 13e Demi-Brigade de la Légion Etrangère (DBLE) étaient blessés à l’arme blanche en portant secours à deux montpelliérains agressés en pleine rue. Cet acte de bravoure est exceptionnel, et le mot n’est pas galvaudé. Il apparaît cependant que les comportements héroïques sont courants parmi ceux qui composent cette entité si singulière de l’armée française, lorsqu’on se penche sur son histoire.

De Camerone à Kowelzi, les légionnaires ont porté haut à travers le monde et les époques ces trois couleurs sous lesquelles ils n’étaient pourtant pas nés.

Ces hommes au képi blanc et au béret vert jouissent d’un statut unique dans l’armée française. Leur contrat de « militaire servant à titre étranger », d’une durée initiale de 5 ans, renouvelable, leur offre la possibilité de demander la nationalité au bout de 3 ans de service minimum.

Ce contrat est un engagement réciproque entre l’armée française et son légionnaire. La France offre ainsi à l’étranger une terre d’accueil, un cadre, rigoureux, et un entourage, presque une famille. En contrepartie, s’il satisfait les tests d’entrée, le légionnaire s’offre tout entier à l’institution et à son pays d’accueil.

Cette spécificité porte en elle un message républicain d’une intensité touchante : celui de l’amour dont témoignent ces étrangers pour notre patrie qui les accueille, et pour laquelle ils sont prêts à prendre tous les risques. Cet attachement se manifeste également à travers l’apprentissage du français, seule langue acceptée au sein de la Légion. Pour ces soldats venus de tous les pays, l’enseignement exemplaire de cette langue commune prodigué par leurs cadres est la garantie de leur unité.

Soumis à un entrainement des plus exigeants, les légionnaires sont en effet très exposés. J’ai pu, lors de ma visite sur leurs bases avec mes collègues de la commission de la Défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale, admirer l’excellence de leur formation. Celle-ci vient compléter un recrutement extrêmement sélectif, au cours duquel ces futurs légionnaires doivent déjà faire leurs preuves, comme à chaque instant de leur carrière à venir. Leur haute valeur au combat leur vaut d’être très régulièrement engagés en première ligne. Ils sont aujourd’hui impliqués dans chacune des opérations que mène l’armée française à l’étranger et sur son propre territoire.

L’existence même de cette Légion témoigne à mon sens de deux éléments très importants que j’ai pu observer lors de ma visite fin juillet. L’engagement de ces soldats étrangers pour notre pays montre combien la France et ses valeurs rayonnent et séduisent de par le monde. La présence de ces soldats venus des cinq continents pour porter nos couleurs doit nous rendre fiers de faire partie de cette Nation qui séduit encore tant. La Légion étrangère est également une preuve de l’ouverture de notre pays. En tendant les bras vers ces hommes sans terre ni famille, la France montre ce qu’elle a de plus beau en elle, et le dévouement de ces soldats pour notre drapeau est un juste retour de ce que nous leur offrons.

Cette institution si singulière véhicule des principes que nous avons su cultiver en France depuis des siècles, qui font aujourd’hui notre force, et que nous devons perpétuer pour l’avenir. Soyons-en fiers !

Articles associés
Nos armées

Visite du Centre de Formation Initiale Militaire de Dieuze - 18e Régiment de…

08/10 /2021
Nos armées

S’engager sans réserve

09/10 /2020
Nos armées

Questions à Florence Parly sur les Mises en conditions finales (MCF) :…

13/05 /2020